Le premier rendez-vous, un point de départ sur mesure

Quand faut-il commencer la physiothérapie après une opération ? Il n’y a pas de date unique. C’est le chirurgien qui la fixe, en fonction de la technique utilisée et des consignes qu’il donne à la sortie. Après une opération du ligament croisé du genou, par exemple, le protocole des Hôpitaux universitaires de Genève prévoit que la reprise progressive des gestes du quotidien commence peu après le retour à domicile. Le jour exact du premier rendez-vous n’y est pas précisé, et ce repère ne vaut de toute façon pas forcément pour une épaule ou une hanche.

Lors de cette première séance, le physiothérapeute fait le point sur plusieurs choses. Il mesure la mobilité de l’articulation, c’est-à-dire l’amplitude de mouvement possible ce jour-là, sans en tirer de conclusion sur ce qu’elle pourra retrouver plus tard. Il note la douleur : son intensité, mais aussi les moments où elle apparaît. Il contrôle la cicatrisation, autrement dit la façon dont les tissus se referment et se consolident autour de la plaie, et il évalue la force qui reste dans les muscles autour de l’articulation.

Ce bilan n’est pas le même pour tout le monde. Il part des consignes du chirurgien et du type d’intervention réalisée, puis tient compte de la personne elle-même : son âge, sa condition physique avant l’opération, d’éventuels autres problèmes de santé. Deux patients opérés du même genou peuvent donc sortir de ce premier rendez-vous avec des objectifs assez différents.

Pour la suite, deux principes guident le travail. La coordination avec le chirurgien fixe le cadre, celui qui découle de l’intervention. L’adaptation au patient remplit ce cadre avec des séances qui collent à sa situation réelle.

Chaque intervention a son propre protocole

Certaines opérations suivent des étapes assez codifiées. Le délai avant de pouvoir de nouveau mettre tout son poids sur l’articulation (on parle de remise en charge complète) ou la durée d’immobilisation sont généralement décidés par le chirurgien, selon la technique employée. Ces délais ne se négocient pas en fonction de l’envie du patient d’avancer plus vite, ni de l’humeur du jour.

Pour autant, ce n’est pas un programme identique pour tous. Ces étapes servent surtout de garde-fou : elles protègent la structure opérée le temps qu’elle se consolide. Elles ne disent pas, séance par séance, ce qu’il faut faire. Aujourd’hui, on considère d’ailleurs que le passage d’une étape à l’autre doit se décider sur des critères cliniques, ce que le patient est capable de faire, plutôt que sur le seul nombre de semaines écoulées.

Prenons deux opérations du genou : la reconstruction du ligament croisé antérieur et la pose d’une prothèse totale. Même articulation, priorités très différentes. Dans le premier cas, les premières semaines servent à protéger le greffon (le tissu qui remplace le ligament) et à retrouver une extension complète de la jambe. Dans le second, on cherche au contraire à faire bouger le genou rapidement, pour éviter qu’il ne s’enraidisse.

Patiente recevant un soin de physiothérapie au niveau du dos

Ce qui est suivi d’une séance à l’autre

D’un rendez-vous à l’autre, le physiothérapeute s’appuie sur des éléments mesurables, pas seulement sur l’impression du moment. Il compare par exemple la force de la jambe opérée à celle de l’autre côté, vérifie qu’un mouvement se fait correctement sans que le corps compense ailleurs, ou regarde si l’articulation gonfle après l’effort. Ce sont ces observations qui permettent de décider de passer à l’étape suivante.

Le patient a un vrai rôle à jouer, mais à travers des exercices choisis et dosés, pas en forçant. En rééducation, en faire plus ne veut pas dire récupérer plus vite. Une articulation trop sollicitée, ou trop tôt, cicatrise souvent moins bien et la récupération peut s’en trouver ralentie.

Au centre VO2 Sport, c’est cette approche qui guide tous nos suivis après une opération : on avance quand les critères sont remplis, pas parce que le calendrier le dit.

Trois phases, à chacun son rythme

Pour s’y retrouver, on peut découper la rééducation en trois grandes phases. C’est une simplification, inspirée de la rééducation du genou, mais elle donne un bon repère pour la plupart des interventions, quitte à l’ajuster ensuite au cas par cas.

PhaseObjectif principalCe qui la caractérise
Mobilité protégéePréserver la structure opéréeAmplitude et charge limitées
RenforcementRetrouver la force musculaireExercices actifs, de plus en plus exigeants
Remise en charge fonctionnelleRevenir aux gestes du quotidien ou du sportExercices proches de l’activité visée

La vitesse à laquelle on traverse ces phases dépend de la personne et de l’opération. Un sportif qui s’entraîne régulièrement n’avancera pas au même rythme qu’une personne peu active avant l’intervention, même s’ils passent tous les deux par les mêmes étapes.

Les signes qui doivent alerter

Patiente en fauteuil roulant faisant des exercices avec des haltères, accompagnée par un physiothérapeute

Certains signes sortent de ce qu’on attend normalement après une opération.

Aucun de ces signes ne suffit à poser un diagnostic. Seul un professionnel de santé peut en trouver la cause et dire ce qu’il faut faire.

Reprendre ses activités, une décision prise à plusieurs

Le retour aux activités du quotidien ou au sport ne se décide pas d’un jour à l’autre, ni seul dans son coin. Il se prépare au fil des séances, en fonction de ce qu’on observe, et s’ajuste régulièrement entre le patient, le physiothérapeute et le chirurgien.

Dans le Nord vaudois, nous suivons souvent des patients opérés à Lausanne ou à Genève qui reviennent faire leur physiothérapie après l’opération à Yverdon-les-Bains ou dans les environs. Le lien avec le chirurgien se fait alors surtout par l’échange de rapports de suivi, plus rarement par une consultation commune.

Quelle que soit l’intervention, le principe reste le même : un suivi adapté à chaque personne. Ce qui change, c’est le contenu du protocole, qui dépend beaucoup de l’articulation concernée et de la technique opératoire.

Sources